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Evidemment, tout le monde peut y croire... Ce qui en fait un endroit extraordinaire, c'est qu'il n'appartient à personne et que chacun y met ce qu'il a envie d'y trouver. Un peu comme ce jeu où les enfants s'inventent un monde à eux en rêvant de personnages fabuleux et de pays inquiétants. Et si les enfants grandissent et qu'ils s'éloignent inexorablement de ces mondes imaginaires, « aucun rêve, si absurde soit-il ne se perd dans l'univers. Il y a en lui une faim de réalité, comme une reconnaissance de dettes qui demandera toujours à être payée. »

Fascinée depuis toujours par l'imaginaire, l'impalpable et le saugrenu, tenue dans le monde réel par l'amour de sa mère, Aude a tenté de vivre une vie "comme tout le monde". Mais la mort de celle-ci l'a définitivement soustraite à la réalité. Eblouie par le génie de Bruno Schulz, elle a plongé dans son univers pour y trouver des figures extraordinaires et les a convoquées pour construire avec elles la République des rêves...



Bruno Schulz est un écrivain juif polonais né en 1892 à Drohobych, ville moyenne de Galacie, dans l’actuelle Ukraine. Il y passera quasiment toute sa vie, occupant modestement un poste de professeur de dessin dans un lycée. Dans les années 20 , il peint et dessine, des œuvres marquées par un érotisme à la limite du sadomasochisme. C’est dans la correspondance qu’il entretient avec l’écrivaine Deborah Vogel que prennent forme la plupart des nouvelles constituant « Les boutiques de cannelle », description de la vie des habitants de sa petite ville et autobiographie aux frontières du fantastique. Le livre est édité en 1934 et il est salué par la critique. Schulz est reconnu par ses pairs, et surtout, encensé par Stanisław Ignacy Witkiewicz avant-gardiste polonais de renom. En 1937, il publie « Le Sanatorium au croque-mort », bâti une nouvelle fois sous forme de nouvelles sans chronologie, et dont les thèmes principaux sont l’enfance et le père de l’auteur. La dimension fantastique est encore plus marquée, et le style d’écriture poétique et baroque emmène le lecteur dans un univers où se mêlent sublime et grotesque. La nouvelle « La République des rêves » ne fait partie d'aucun de ces recueils. On la trouve dans les "récits divers" de l'oeuvre intégrale. En 1941, sous l’occupation nazie, les juifs de Drohobych sont contraints de vivre dans le ghetto de la ville. Schulz y reste sous la « protection » d’un officier de la Gestapo, Felix Landau, pour qui il doit réaliser des peintures sur papier et une fresque. Un autre officier de la Gestapo, Karl Günther, contrarié par l’assassinat de son protégé par Landau, se venge de celui-ci en tuant Bruno Schulz le 19 novembre 1942 de deux balles dans la tête…

          


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